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Un exemple de grignotage de terres agricoles

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Un exemple de grignotage de terres agricoles

Message par jean luc le Mar 7 Jan - 7:51

 Campus de Saclay : le mariage raté de la ville et des agriculteurs
Le projet Paris-Saclay, campus scientifique au sud-ouest de la capitale, empiètera très peu sur des terres agricoles désormais protégées, assure le gouvernement. Les paysans crient à la supercherie.
C’était moins une. Le cabinet de Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, avait annoncé l’officialisation de la création d’une zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF) sur le plateau de Saclay avant la fin de l’année. Il a tenu les délais, avec la parution du décret 2013-1298 le 31 décembre, juste avant de sortir les cotillons. Mais pour les agriculteurs de cette zone de 4 115 hectares, dont 2 469 ha de terres agricoles, à cheval entre l’Essonne et les Yvelines, pas de quoi sabrer le champagne.

Ce décret entérine de fait la perte de près de 15% du territoire agricole sur cette terre historiquement très fertile afin de construire un campus international et les voies routières permettant de s’y rendre. L’ensemble de ces terrains confisqués à l’agriculture ne seront pas bétonnés : une partie va servir à mettre en place des compensations environnementales pour les travaux effectués et à déplacer des espèces protégées, dont l’habitat est détruit par les bulldozers. D’ici à 2020, le campus de Saclay est censé accueillir 10 500 chercheurs et 60 000 étudiants, mélanger universités, grandes écoles, organismes de recherche, et entreprises de technologies. Un « cluster » scientifique de rang mondial, vitrine de l’intelligence française, initiée dans le cadre du Grand Paris. Et qui se fera donc au prix du grignotage des terres agricoles…
300 hectares de cultures passent à la trappe

Sur les 2 700 hectares qui étaient cultivés à la fin de l’année 2013 à travers neuf exploitations, « seuls » 2 469 hectares seront désormais réservés à l’agriculture. Avantage néanmoins : ces terres seront sanctuarisées et ne pourront être employées qu’à des fins agricoles. « Environ 2 300 hectares se trouvent sur le plateau de Saclay, la centaine d’hectares supplémentaires est répartie dans les vallées de la Bièvre et de la Mérantaise », précise Jacques de Givry, membre du conseil d’administration de l’association Terre & cité, créée par des habitants et agriculteurs pour défendre leurs intérêts face au projet de campus.

Depuis 2008, ceux-ci se battaient afin que pas moins de 2 500 hectares soient maintenus pour l’agriculture sur le plateau, loin des 850 hectares initialement prévus lors du lancement de l’idée d’un Grand Paris, en 2008. « C’est grâce à un intense lobbying qu’on a obtenu le maintien d’environ 2 300 hectares, qui est le minimum qu’on demandait », poursuit Jacques de Givry. Il précise que, dans le nouveau découpage, certains exploitants sont particulièrement lésés. « Une seule exploitation agricole existante va perdre des hectares en raison du projet », indique de son côté par mail l’Etablissement public Paris-Saclay (EPPS) en charge de l’aménagement du campus scientifique.

Pourtant, les deux exploitants qui ont répondu aux sollicitations de Terra eco sont directement concernés. C’est le cas d’Emmanuel Laureau, 49 ans et agriculteur céréalier à Saclay. Il perd 70 des 230 hectares de terre qu’il exploite. « On nous berce avec des beaux discours, on nous dit que l’agriculture est la priorité, mais on nous traite au final comme de vulgaires paysans, juste là pour entretenir le paysage ! »
« Concilier ville et nature »

Les « beaux discours » incriminés sont ceux des trois ministres qui ont cosigné le décret et publié pour l’occasion un communiqué commun : Cécile Duflot à l’Egalité des territoires et en charge du Grand Paris, Philippe Martin à l’Ecologie et Stéphane Le Foll à l’Agriculture. La première déclare que ce décret est bien la preuve qu’« il est possible de concilier ville et nature », le deuxième indique que cette zone de protection agit contre « l’artificialisation des sols et la dégradation des habitats » et le dernier se félicite de ce que, à travers ce texte, on « protège les terres agricoles, en particulier en Ile-de-France ».

« Sanctuariser les terres agricoles dans un cadre législatif, c’est une innovation incroyable ! », se réjouissait en 2011 Hervé Hocquard, maire UMP de Bièvres et animateur de la commission agriculture et environnement de l’EPPS. Interrogé par Terra eco, il considérait que « sans le projet du Grand Paris, les terres auraient été grignotées petit à petit ».

« 300 hectares sont exclus du périmètre de la zone protégée pour être livrés à l’urbanisation ! », s’emporte de son côté Christophe Hillairet, président de la chambre d’agriculture d’Ile-de-France. Il estime que cette sanctuarisation et le nouveau découpage qui en découle menacent la viabilité économique des exploitations. L’accès aux cultures pour les agriculteurs va être compliqué par l’agrandissement des voies de circulation mais aussi par la construction du métro aérien en pleins champs, « où il n’a rien à faire ». Pour Christophe Hillairet, la ferme d’Emmanuel Laureau est en première ligne.
Une sanctuarisation qui menace la viabilité des exploitations

Emmanuel Vandame est un céréalier qui vend son pain en circuit court et dit perdre dans le nouveau zonage 14 hectares de culture, dont une partie en bio. « Ça représente 6% de ma surface et donc 6% du salaire, alors que les charges fixes ne cessent d’augmenter », dit-il. Mais le rabotage du terrain qu’il exploite et la hausse des charges ne sont pas, selon lui, la seule menace contre la pérennité de sa ferme.

« Cette zone de protection, c’est une petite victoire avant de se faire écraser complètement, assène-t-il. Car il est prévu d’agrandir la route CD36, au sud du plateau, en deux fois deux voies, plus deux voies pour les bus, plus une piste cyclable. Et une fois qu’on fera venir les gens, la tentation de leur construire des logements sera grande. De même, le métro Massy-Saclay, censé voir le jour dans la décennie 2020, devra être rentabilisé : il faudra faire venir plus de gens sur le plateau, ce qui risque de condamner les exploitations. » Son inquiétude est renforcée par le vote, mi-décembre par l’Etat et ses partenaires, de la construction sur le plateau de logements, d’activités économiques, de groupes scolaires, de voirie, de canalisations, etc.
Equilibre entre urbanisation et biodiversité

« Certes, cette zone de protection va d’abord être un frein au mitage du plateau et à la construction de zones pavillonnaires en pleins champs. Mais pour combien de temps ? Une loi peut défaire une autre loi : on est tous conscients qu’il va falloir se battre pour que cette zone agricole reste protégée sur le long terme », abonde Jacques de Givry. Mais pour que la ZPNAF soit remise en question, « il faudrait une loi abrogeant l’article de la loi du Grand Paris. Cela paraît pour le moins improbable, explique-t-on à l’EPPS. D’autant que le projet Paris-Saclay n’a aucun besoin du foncier aujourd’hui protégé. Aucune terre agricole en Ile-de-France n’est mieux protégée que celles de la ZPNAF du plateau de Saclay. »

Cette zone est présentée par les ministres comme un « laboratoire de recherche d’équilibre entre une certaine urbanisation et le maintien d’une biodiversité », souligne Jacques de Givry. Mais, « au final, il semble que la question d’harmonie entre territoires soit subalterne. Quand l’idée fixe est de faire le plus grand campus européen, on n’hésite pas à passer sur le ventre des agriculteurs et des écologistes ».

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jean luc
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